Eugène HUZAR

Eugène Huzar fut un avocat et un savant autodidacte, auteur de deux livres en particulier : La Fin du monde par la science (1855) et L’Arbre de la science (1857). Dans ces ouvrages jamais réédités depuis le second Empire, il réfléchit aux transformations scientifiques et techniques de son temps : la vaccination, le moteur à vapeur, le chemin de fer, la chimie, la déforestation, etc. Il rend compte du choc ressenti face à l’avènement de la société industrielle. Ni romantique désolé par la laideur du monde industriel, ni réactionnaire nostalgique du passé rural, il se présente lui-même comme un ennemi du « progrès aveugle » qui marche sans compas et sans guide, et dénonce la « science impresciente », incapable de prévoir l’impact de son action. Dans ses ouvrages, il décrit longuement des crises à venir comme la modification du climat, la déforestation, la pollution, les accidents à grande échelle. Pour y faire face, il prévoit la mise en place d’une « édilité planétaire », une forme de gouvernement mondial chargé de réguler le changement. Ces ouvrages ont suscité la polémique : réédités à trois reprises en même temps que les premières grandes expositions universelles qui honoraient le progrès, ils ont suscité la polémique, car ses prévisions catastrophistes apparurent à contre-courant. Jules Verne y puisa sans doute certaines de ses visions, mais l’auteur reste inconnu des historiens des sciences.

Les commentateurs
François Jarrige prépare un doctorat sur l’histoire sociale et culturelle du changement technique et de l’industrialisation. Il fait ses recherches au sein du Centre de recherches en Histoire du XIXe siècle de l’université de Paris-I. Il est l’auteur de Les Luddites. Bris de machines, économie politique et histoire (avec Vincent Bourdeau et Julien Vincent, éditions è®e, 2006, 160 p.) et de divers travaux sur les résistances au suffrage universel au XIXe siècle (Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, 2004/2), la résistance ouvrière au machinisme (dans La France et l’Angleterre au XIXe siècle : échanges, représentations, comparaisons, dir. F. Bensimon et S. Aprile, Créaphis, 2006), ou encore sur les ouvriers parisiens (dans La France des années 1830 et l’esprit de réforme, dir. P. Harismendy, Presses Universitaires de Rennes, 2006). Jean-Baptiste Fressoz est membre de l’Institut Universitaire Européen de Florence où il termine un doctorat. Il enseigne à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris l’histoire des sciences et des techniques. Ses recherches portent sur la philosophie du risque, l’histoire des sciences et de leurs implications sociales et politiques. Il a publié des travaux sur la notion de risque (« Reflecting on Risk Societies of the Past », in Dominique Pestre (éd.), Historical Perspectives on Science, Society and the Political, Report to the DG Research, European Union, 2007) et des études de cas (« The Gas-Ligting Controversy. Technological Risk, Expertise and Regulation in Nineteenth Century Paris and London », Journal of Urban History, juillet 2007).


.: éditions

LA FIN DU MONDE PAR LA SCIENCE



Eugène HUZAR